Georges Clemenceau


Georges Clemenceau est né le 28 septembre 1841 à Mouilleron-en-Pareds (Vendée), dans le même village qui verra naître Jean de Lattre de Tassigny. Il fait des études de médecine, mais son père, fervent républicain, lui donne également le goût de la politique. En 1865, en pleine guerre de Sécession, il se rend aux États-Unis où il reste près de 5 ans, y étudiant notamment les institutions.

 


L' homme politique

Il est de retour en France pour participer aux événements dramatiques de la défaite de 1870, de la chute du Second Empire et de la Commune. Maire de Montmartre puis député républicain à l'Assemblée Nationale, il s'oppose à l'annexion de l'Alsace-Lorraine par l'Allemagne. Bientôt il abandonne son cabinet de médecin pour se consacrer entièrement à la politique et au journalisme.

 

Sous la IIIème République, Clemenceau, député  depuis 1875, est un des chefs du parti radical qui  milite pour les valeurs les plus avancées de la République: garantie des libertés fondamentales, école obligatoire et laïque, séparation de l'Église et de l'État. Contrairement à Jules Ferry, il est hostile à la politique colonialiste de la France.

 

 Clemenceau vers 1880 

 (détail d'un portrait par Édouard Manet)

 

Il exprime ses idées dans les journaux qu'il fonde: "La Justice", puis "L'Aurore". C'est dans "L'Aurore" qu'il publie le célèbre "J'accuse" d'Émile Zola, étape majeure dans la lutte en faveur de Dreyfus.

Clemenceau accède au pouvoir en 1906: après avoir été ministre de l'intérieur, le voilà Président du Conseil (chef du gouvernement). Il fait preuve d'une fermeté intransigeante pour réprimer les mouvements sociaux, ce qui lui vaut la réputation de "premier flic de France" et de "briseur de grèves". Son caractère implacable et la férocité des "coups de patte" de l'orateur politique lui valent le surnom: "Le Tigre". 

A nouveau dans l'opposition en 1909, il appelle à la vigilance devant la menace allemande et dénonce les insuffisances de l'effort de guerre français.


la première guerre mondiale

Au cours des premières années de la 1ère guerre mondiale, Clemenceau proclame un patriotisme intraitable dans son journal rebaptisé "L'Homme enchaîné" suite à la censure de "L'Homme Libre".

C'est en novembre 1917, quand la situation de la France est devenue critique après la défection de la Russie, que le Président de la République Raymond Poincaré appelle Georges Clemenceau à la direction du gouvernement. Malgré un âge déjà avancé (76 ans), Clemenceau démontre une énergie et une détermination sans faille, dignes du "Tigre". 

"La guerre, rien que la guerre" telle est sa devise.

C'est dans ce contexte crucial que Clemenceau, dans le cadre de ses visites aux combattants du front, vient à Masevaux, capitale et symbole de l'Alsace libérée, le 12 février 1918.  

 

Clemenceau se fait présenter des officiers après une revue militaire sur la Place des Alliés. La scène se passe devant l'actuel Café de l'Étoile. Au fond, à droite, on aperçoit l'école des Abeilles.

Anticlérical militant, Clemenceau ne fréquentait pas les églises! A Masevaux il se rend pourtant à l'église Saint-Martin pour y entendre les célèbres orgues Callinet*. Mais il  garde son chapeau sur la tête pour bien montrer qu'il n'abandonne en rien ses convictions.

   * les orgues Callinet, inaugurées en 1842 ont été détruites par l'incendie de l'église en 1966.

Sous le gouvernement de Clemenceau, qui a nommé Ferdinand Foch au commandement des armées alliées, l'Allemagne et ses alliés finissent par être vaincus. Lorsque l'armistice est signé le 11 novembre 1918, Georges Clemenceau est salué par toute la France comme le "Père la Victoire".

C'est aussi Georges Clemenceau qui préside la Conférence de la paix où est élaboré le traité de Versailles en 1919. On le voit ci-dessous avec les dirigeants des pays vainqueurs.

De gauche à droite:

Lloyd George pour le Royaume-Uni,

Orlando pour l'Italie, 

Clemenceau pour la France,

Wilson pour les États-Unis.

Contre l'avis de Lloyd Georges et Wilson, Clemenceau impose sa volonté de désarmer l'Allemagne et de lui faire payer de lourdes réparations.


après la guerre

En 1920, Georges Clemenceau se présente à l'élection présidentielle. Malgré son immense prestige, il est battu par Paul Deschanel, le Parlement craignant son autoritarisme.

Retiré de la vie politique, Clemenceau se consacre à l'écriture. Lucide, sinon prophétique, il s'alarme du relâchement militaire français face au retour en force de l'armement allemand alors qu'aucun signe du rapprochement entre les deux pays n'est visible. 

 

Georges Clemenceau meurt à Paris le 24 novembre 1929. Son influence politique de premier plan pendant 50 ans et son rôle primordial dans la victoire de 1918 en font une des figures emblématiques de l'histoire de la France. 


Auteur: Henri.Ehret@ac-strasbourg.fr     février 2003, modifié février 2005

Sources et photos:

http://membres.lycos.fr/clemenceau/infos/biographclem.html

http://www.bbc.co.uk/history/war/wwone/versailles_03.shtml

http://perso.wanadoo.fr/eusebe/Clemenceau.htm

http://www.vendee.com/french/savoir/histoire.htm

http://www.abcgallery.com/M/manet/manet61.html

La Vallée de Masevaux 1914-1918, par J.M. Ehret, G.Redhaber, B.Sutter, D.Willmé  


Vous pouvez:

Choisir un autre personnage qui a marqué l'Histoire locale:

Guillaume II               R.Poincaré                Autres personnalités 1914-1918                J. de Lattre de Tassigny

Revenir au Carrefour de l'Histoire

Retourner à la page d'accueil du collège